Progression des SDGs au point mort en Europe, la Belgique se classe 15e sur 35

Le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies (« Sustainable Development Solutions Network », SDSN) a publié récemment le Rapport sur le développement durable en Europe 2026 (« Europe Sustainable Development Report », ESDR). Ce document offre une analyse des plus exhaustives des progrès réalisés par 35 pays européens dans le cadre des 17 objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals », SDGs). Le constat est sans appel : les progrès ont stagné et sont même en recul pour certains indicateurs environnementaux et socio-économiques.

Cinq conclusions importantes pour l’Europe

Le rapport épingle cinq constats essentiels pour l’Europe :

  • Les progrès en matière de SDGs stagnent en Europe, même parmi les bons élèves, qui font face à des défis environnementaux majeurs et enregistrent un recul des indicateurs socio-économiques tels que la privation matérielle.
  • Si les pays scandinaves restent en tête, ils sont eux aussi confrontés à des défis de taille. De plus, la confiance des citoyen·nes envers les pouvoirs publics s’amenuise dans plusieurs grands pays européens.
  • Les SDGs sont de moins en moins présents dans les politiques de l'UE ; les références aux SDGs et à l'Agenda 2030 ont largement disparu des programmes de travail de la Commission européenne.
  • Les pays à revenus élevés génèrent une empreinte mondiale considérable. L'indice « spillover » (retombées internationales) mesure à quel point les pays européens ont des effets négatifs au-delà de leurs frontières par le biais du commerce, de la consommation et des flux financiers. L'indice comprend 15 indicateurs et cartographie tant la pression environnementale que les risques sociaux dans les chaînes de valeur internationales. Par exemple, pour l'Europe des 27, environ 40 % des émissions de gaz à effet de serre à l'étranger sont générées par le commerce. La décarbonation des systèmes énergétiques doit s'accompagner d’un assainissement des chaînes d'approvisionnement et d’une intégration du capital naturel dans les rapports financiers.
  • Il existe des voies étayées scientifiquement pour progresser  vers les SDGs, mais celles-ci requièrent de poser des choix de financement clairs, de mettre en place des règles équitables pour les émissions agricoles, et d’adopter une vision globale du système, tout en prêtant une attention particulière aux aspects sociaux et administratifs.

Résultats belges

Dans le classement européen des SDGs, la Belgique occupe la 15e place sur les 35 pays étudiés, avec un indice SDGs de 72,3 sur 100. Pour l'indicateur « Ne laisser personne de côté » (qui mesure le degré d'égalité au sein d'un pays), la Belgique obtient un score de 81,1. Le score « spillover », qui indique dans quelle mesure un pays a une influence négative sur le développement durable d'autres pays, s'élève quant à lui à 50,4, ce qui démontre que l'activité économique belge a une empreinte internationale considérable.

Les tableaux de bord des SDGs révèlent que la Belgique doit encore relever des défis importants ou même considérables pour la plupart des objectifs. Les SDGs 12 (Consommation et production responsables), 13 (Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques) et 14 (Vie aquatique) révèlent que la marge d’amélioration dans ces domaines demeure colossale. Le SDG 10 (Inégalités réduites) est le seul objectif qui a été atteint.

L'analyse des tendances des indicateurs SDGs pour la Belgique présente un tableau mitigé : environ 50 % des indicateurs ont été atteints ou sont en passe de l’être, environ 25 % affichent des progrès limités et environ 25 % sont en recul.

Appel à davantage d’action

Afin de retrouver son rôle de pionnier en matière de développement durable, le rapport recommande à l'Union européenne de réaffirmer son engagement en matière de SDGs par le biais d'une déclaration commune des institutions européennes, de présenter un deuxième Examen National Volontaire (« Voluntary National Review « ) de l'UE aux Nations Unies d'ici 2027, et de progresser dans les domaines de la finance durable et de la gestion des retombées internationales.

« Alors que l'Union européenne élabore son budget à long terme pour 2028-2034, c’est un moment clé pour l’Europe de faire preuve de leadership, tant sur la scène européenne que mondiale. En tirant parti de la puissance de son marché intérieur et en mobilisant les investissements dans les technologies vertes et numériques, l'UE peut réaffirmer son engagement en faveur des SDGs et forger de nouvelles alliances. Les SDGs demeurent notre cadre le plus puissant pour garantir un avenir juste, pacifique et durable. » – Guillaume Lafortune, vice-président du Réseau de solutions pour le développement durable


Plus d’informations

Le rapport intégral « Europe Sustainable Development Report 2026 » est disponible sur le site du SDSN.